
Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Mon nom est Lainie Kilt, je travaille pour l’agence de logement et mon bureau est juste en face du World Trade Center.
Ou étiez-vous lors des attentats du 11 Septembre 2001 ?
Le 11 Septembre 2001, j’étais dans mon bureau lorque que j’ai entendu un bruit horrible et que les fenêtres ont commencé à trembler. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait alors j’ai appelé à la maison et l’on m’a dit qu’un hélicoptère s’était écrasé sur une des tours. Par la fenêtre on voyait une quantité énorme de papier voler dans les airs. C’est à ce moment là qu’on nous a dit d’évacuer le bâtiment et une fois dehors c’était le chaos total. Par terre je voyais des chaussures et en levant les yeux j’ai vu des personnes se jeter des étages des tours. J’étais en panique, j’avais peur. C’est alors que j’ai vu le deuxième avion rentrer dans l’autre tour. Il y a eu une explosion et puis j’ai rien vu car le quartier s’est rempli de poussières et de fumées, et j’ai commencé à courir.
Comment avez-vous vécu cette tragédie ?
Tout cela a été très traumatisant pour moi. Depuis ce jour là, on m’a diagnostiqué du stress post-traumatique. Je vis encore maintenant sous dépression et j’ai d’énormes problèmes de sommeil. Vous savez les problèmes psychologiques sont un gros tabou dont personne ne veut parler, et pourtant je peux vous assurer qu’autour de moi beaucoup de personnes en souffrent. Les gens ne veulent pas en parler par peur de perdre leur travail. C’est d’ailleurs un des premiers freins à l’envie de se battre, quand on est déprimé on laisse vite tomber, les gens n’ont pas la force de se battre contre les autres maladies ou afin de recevoir une compensation financière.
Avez-vous été affecté au niveau de votre santé physique ?
Des mois après les attentats j’ai commencé à avoir des douleurs à la poitrine et mon docteur m’a dit que j’avais des problèmes pulmonaires. Depuis je dois utiliser une petite pompe deux fois par jour pour pouvoir respirer convenablement. Je vais à l’hôpital de Bellevue car ils m’aident vraiment bien et sont très attentifs à nos problèmes. Mes collègues souffrent presque tous de problèmes respiratoires ou de migraines très poussées, mais n’osent rien dire par peur de perdre leur emploi. Moi je n’ai pas peur, malgré un cancer au sein je me suis battue pendant trois ans pour avoir une compensation financière et être reconnue comme victime du post-9/11. Ca n’a pas été facile, j’étais seule et faible mais si je ne le faisais pas personne ne le ferais. On a besoin d’être reconnu comme victimes pour qu’on ne nous oublie pas et qu’on nous aide, pour que le gouvernement assume ses fautes et son rôle dans le désastre environnemental et sanitaire qu’à été le 9/11.
Quel’est votre ressentiment envers le gouvernement de l’époque et la façon dont il a géré la catastrophe ?
Je suis vraiment énervé, je me sens oublié, comme si nous on ne comptait pas. Le gouvernement a aidé (même si très peu) les gens qui travaillaient dans le site du World Trade Center, mais ils n’ont pas pensé à nous qui travaillons depuis toujours à côté des tours et tous les résidents du quartier. J’étais ici lors du 9/11 et j’y suis toujours, ma santé à été compromis mais on dirait que tout cela n’est pas important. Ils m’ont oublié, ils nous ont tous oublié.
Lainie Kilt merci.
Entretien realisé par Karamo Danfa et Francesca Gilibert
Laisser un commentaire